C’est donc la panique. Le foot français ne sait plus où il va et il a peur. Curieuse cette réaction non ? On entraîne un club, on le dirige, on le gère et d’un coup on est surpris de ce qu’il s’y passe. Mais ils font quoi nos coachs, nos dirigeants au quotidien pour être surpris ? J’ai la faiblesse de penser que pour un dirigeant, la surprise, la panique doivent être des exceptions. Visiblement pas en L1. Cet hiver la mode est donc au départ. Le joueur est-il le seul responsable ? Evidemment non. J’ai même envie de penser que les principaux responsables sont les gouvernants. Ainsi pendant qu’Elie Baup chouine en se demandant ce qu’on va devenir, dans les bureaux de son club on pousse des joueurs dehors. C’est, par exemple, ce qu’il s’est passé pour Remy. Comme l’OL, l’OM doit réparer les grosses erreurs de gestion du passé alors on liquide du stock. Prêt à vendre loin, très loin du prix d’acquisition. A ce petit jeu là, l’OL a du mal. Cet été pourtant l’opération dégraissage avait bien débuté. Mais c’est plus dur avec des produits plus luxueux comme Gomis, Lisandro, Gourcuff ou Bastos. Le message envoyé par l’OL au reste du foot est tout de même peu propice au rêve. On pousse dehors, au rabais, des joueurs importants. Et quand un gros club fait ça, je comprends que beaucoup d’autres joueurs (moyens) se disent que la crise est grave et qu’il faut vite partir, même dans des clubs moyens, même vers des destinations « exotiques ».

Comment en effet ne pas comprendre tous ces joueurs moyens qui partent ? La L1 est ennuyeuse à mourir, l’ambition n’existe nulle part et la morosité est la règle. Si on ajoute à ça que certains « fuyards » étaient en fin de contrat, il est impossible de leur reprocher quoi que ce soit. Jouer en Premier League, même en bas de tableau, ou évoluer dans notre néant ? Vous feriez quoi vous ? C’est passer de la TV noir et blanc à la couleur… Ajoutons qu’en d’autres temps plus exigeants, la plupart de ces joueurs n’auraient jamais pu envisager aller jouer en Angleterre, l’occasion est donc trop belle pour la laisser passer.



La France a misé sur la formation depuis longtemps maintenant. C’est même une tradition depuis les années Boulogne et la création de la DTN. Aujourd’hui, le « rêve » est presque abouti puisque le foot français ressemble à une grande usine à footeux. L’exportation se porte à merveille et peu importe si les produits ont beaucoup perdu en qualité. On fabrique du moyen, on vend du moyen…

Mais un bon mercato est forcément un mercato avec un bon bras de fer. On l’a ! Avec le litige qui oppose Moussa Sissoko et son président Olivier Sadran. Le dossier est clair ? Oui peut-être, mais il repose sous certains aspects sur une entente tacite, une promesse. Ce cas de figure est assez fréquent dans le foot et je ne comprends pas pourquoi une bonne fois pour toutes, les présidents ne bouclent pas les dossiers à 100% ! Qu’on arrête de croire que l’affect va jouer son rôle puisqu’on a, chaque année, plusieurs histoires qui se terminent comme ça. Et quand j’entends que le joueur doit ceci ou cela à son club formateur… oui oui, très bien, mais combien d’exemples nous montrent que ce monde idéal n’existe pas ? Il « doit » dit-on. Mais il a joué, a apporté à son club et s’il est vendu, il rapporte. Qu’on en finisse avec ce sentimentalisme que chacun interprète, ensuite, à sa guise.

Pour finir, notons que pendant qu’Elie Baup chouine en se demandant ce qu’on va devenir, ses dirigeants recrutent. Un joueur acheté plus de 15 millions est parti, un autre acheté 3 millions va arriver. On ne le connaît pas, mais il aura du mal à faire pire que le Remy 2012 non ? Et si on se mettait d’abord à bien travailler ?

Notre foot a fait les Etats Généraux du Foot, le rapport Besson, les 101 propositions… Notre foot multiplie les réflexions et pourtant on a le sentiment que rien ne bouge, que ça recule même. On a l’Euro 2016, mais pour l’instant, on n’a que ça…