Le premier fait notable du choc de cette J22, c’est la compo lilloise. Pas de plan spécial Parc des Princes, Garcia aligne un 11 classique, un 4231 sans volonté apparente de surtout bien défendre. Le problème, c’est que pour jouer, il faut avoir le ballon et que celui-ci est vite monopolisé par le PSG. Tout de suite conquérant, Paris pousse et contraint souvent Lille à jouer bas dans son camp. Le match du PSG est bon, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’un joueur comme Pastore apporte un style dont a besoin Paris quand les espaces se réduisent. La pression initiale laisse ensuite place à une domination molle. La recherche systématique d’Ibra rend le jeu parisien un peu trop banal. Lille répond surtout grâce aux coups de pied arrêtés et ne doit qu’à une erreur d’appréciation invalidant un but Rodelin, de ne pas mener contre le cours du jeu. Le fait de jeu contraire au LOSC intervient au moment où le match est bien plus équilibré. Sans pressing, sans mouvement, Paris retombe dans l’approximatif. Et quand Motta baisse d’un ton, c’est tout le jeu du PSG qui perd en consistance. Le début de seconde période confirme l’impression d’un PSG globalement à côté du sujet. Au milieu, Lille prend le dessus. Le PSG est dans une sorte de 424 sans équilibre. Peu à peu la domination est lilloise. C’est plus propre, plus net. Ancelotti change sa compo avec Pastore pour Menez. Garcia lance Pedretti pour rendre son milieu encore plus dense, puis De Melo. Le PSG meilleur avec Pastore ? Chacun sa vision, mais sur le but très heureux de Paris, il y a au départ une ouverture limpide de l’argentin. Le PSG mène sans presque rien montrer. Tenir et contrer, c’est le plan B. Chantôme remplace alors Lucas. Le match baisse en intensité et Lille ne semble pas avoir les ressources pour revenir. La fin de match est pénible et toujours en faveur du LOSC. Mais Paris tient son hold-up à domicile.

Cette 22ejournée a enfin offert de bons moments et c’est surtout ça que j’ai envie de retenir avant même d’observer les résultats et leurs conséquences. Ça a débuté avec l’OL. Vous me direz qu’il n’y avait rien d’extraordinaire dans ce match et c’est vrai. Mais la maîtrise globale des Lyonnais et leur implication malgré les remous autour du club, sont à noter. Oui tout cela est normal, mais dans notre L1, ce n’est jamais aussi évident. Ce fût bien plus intéressant samedi. Le match Rennes/OM peut d’ailleurs envoyer un signe positif dans la sinistrose actuelle. Et à ce titre je partage l’analyse d’Antonetti à la fin du match. Oui ce match a proposé pas mal d’erreurs techniques, tactiques, mais les deux équipes ont constamment affiché un bel état d’esprit. L’OM a voulu gagner le match et Baup à 1/1 a clairement envoyé ce message. Et à 1/2, Rennes n’a rien lâché. Le puriste pourra me rétorquer que les défenseurs Rennais ont les pieds qui brûlent quand ils voient le ballon de trop près. Que Feret, le meilleur rennais n’a pas fait un bon match, qu’Erding contrôle les ballons comme un attaquant de district, que l’OM a failli gagner en jouant rien de plus que les derniers quart d’heure de chaque période… oui ok, mais au final, on retient surtout qu’on a vu un match palpitant opposant des équipes qui ont « voulu » jouer ! Et j’ajoute que j’ai vu un excellent André Ayew, un toujours plus prometteur Alessandrini, une très belle passe décisive de Valbuena…

Il y avait aussi pas mal de choses positives par ailleurs dans cette J22. Montpellier qui gagne, qui décide d’attaquer alors que les 3 joueurs les plus importants du titre 2012 ne sont plus là. Nancy qui bouge enfin, au moment où on brade l’effectif… Le foot est un sport collectif ? Quelle découverte !! C’est donc quand la L1 touche le fond de la morosité que certains enfin vont se dire que les valeurs« justes » ne sont pas dans la perte d’individualités pas forcément irremplaçables ? Dimanche, Saint-Etienne a largement dominé Bastia. Là encore on a vu du jeu, du mouvement et pas la moindre trace d’ennui. Un peu plus tard, Bordeaux est allé battre Nice grâce à un « beau » pointu de Saivet et s’est replacé dans le haut du classement. Sans Digard (vite blessé) au milieu, Nice a eu plus de mal à imprimer son rythme et à gérer cette zone de jeu. La fin du « buzz » niçois ? Pas sûr car avec un état d’esprit toujours aussi irréprochable, Nice devrait rester parmi les seconds couteaux de la L1… Après plusieurs semaines bien moroses en matière de jeu, de départs à gogo à faire peur, ce week-end a offert un peu de réconfort…