L’OM était donc dans une position « au bouton » comme on dit au poker. Une situation qui ne lui avait pas bien réussi il y a quelques semaines à Sochaux. Mais là, recevoir Nancy pour recoller à l’OL et rester à 3 points du PSG, c’était plutôt confortable. Et pour cette mission pas trop délicate, Baup innove et aligne un 11 très offensif. Sentant probablement que les Lorrains allaient venir au minimum à 5 en défense, Baup répond avec Barton devant la défense et à ses côtés, Ayew à gauche et Amalfitano à droite. Ayew au milieu, c’est ce qu’on attendait depuis longtemps, alors on veut voir. Et on voit quoi ? Rien ! L’OM ne propose rien et surtout ne met aucun rythme. Pas une seule occasion en première période, un désert de foot. En face, Nancy fait un match propre. Défensif, mais avec des sorties de ballons intéressantes. Sur deux ou trois situations, Nancy manque même de peu de rendre le match beaucoup plus compliqué pour l’OM. Le milieu marseillais qui devait briller s’est transformé en passoire. Isolé, Barton est dépassé. A la pause et face au dernier, Marseille s’en tire très bien avec le 0/0.

La seconde période ne modifie rien. L’occupation du terrain de Nancy est toujours bonne et l’OM ne sait pas comment s’y prendre. C’est comme si une équipe jouait avec une tactique avec face à elle un gros brouillon. La seule chose rassurante pour Marseille, c’est que des matches comme ça, il y en a eu d’autres et l’OM les a gagnés. Le carton rouge reçu par Barton complique encore plus les choses. Mais ce qu’il faut noter, c’est que le dernier de L1 est vraiment étonnant. Cette équipe est transformée, elle fait des passes, elle est calme, elle maîtrise. Il lui manque juste de bien finir ses phases de possession. Une finition qui aboutit enfin suite à corner. Nancy mène et prend trois points largement mérités. Le foot est parfois logique, même au Vélodrome.

L’autre surprise de cette J23 c’est évidemment la défaite de l’OL (3-1 à Ajaccio). A quelques semaines d’un calendrier qui va se charger, ne pas laisser filer des points chez un mal classé eût été une bonne chose. Concerné, impliqué, Lyon aurait dû gagner ce match. Dominateur dans tous les secteurs, devant au score, l’OL a, en effet, fait ce qu’il fallait avant de se laisser prendre dans un tourbillon cauchemardesque. Mais attention, si certains vont peut-être parler de malchance, d’arbitrage défavorable, je crois qu’il faut surtout insister sur les erreurs lyonnaises. Et d’abord, un péno manqué, pour faire 2/2 et sauver 1 point. Et avant cela, peut-on ne pas s’arrêter sur le niveau de la défense ? La relance de Bisevac sur le 1er but… La prestation d’ensemble de Lovren… Après ok, l’adversaire s’accroche alors qu’il avait surtout visé au mieux le match nul. C’est classique non ? Passons ensuite au fait de jeu. La règle du hors jeu de position est bancale et doit donc être appréciée comme telle, avec l’acceptation d’interprétations parfois étonnantes. Une fois qu’on a trouvé un tas d’excuses légitimes à cet OL, on doit aussi souligner que Lyon avec un milieu Malbranque, Fofana, Gonalons, manque de fantaisie, d’esprit créatif. Les raisons qui ont poussé Garde à mettre Grenier et Gourcuff sur le banc sont certainement valables (manque de forme), reste que Lyon ne pourra jouer le titre qu’avec ses joueurs de talents. Et de la même façon et puisqu’il n’est pas parti, Lisandro doit redevenir un taulier inamovible de cette équipe. Dans une semaine, le match OL/LOSC mettra aux prises deux équipes frustrées. Une rencontre vicieuse que je vois plutôt compliquée pour l’OL…

En position «UTG » (oui c’est mon jour poker), le PSG est facilement allé conforter sa place de leader à Toulouse. Le TFC, ça réussit à Paris et à Pastore. Je dis et répète que la clé de l’équipe, c’est lui ! Un meneur est fondamental dans ce PSG et le seul avec ce profil, c’est Pastore. Et quand autour de lui, Ibra est dans un jour « j’ai envie », la supériorité du PSG est incontestable. Un poil plus de 2 points par match, 42 buts pour, 12 contre… Paris répond tranquillement aux exigences et aux attentes placées en lui.

Derrière notre fameux « PLM », la 4e place semble attirer du monde. On verra si plus tard elle se transforme, comme chaque année, en cadeau empoisonné, mais en attendant ça se bouscule au portillon. Tout le monde est en forme et tout le monde joue avec un certain allant. Tout le monde sauf Rennes. Dans le derby régional contre Lorient (2-2), le gros a surtout défendu, attendu, incapable de proposer un semblant de jeu. Lorient méritait évidemment de gagner mais au lieu de ça, les Merlus se sont fait braquer à la dernière minute. Antonetti qui visait d’abord le nul a terminé le match heureux. Heureux de quoi ? D’un point à Lorient après une prestation terne. Quand on est si peu ambitieux, on a des joies simples. Il avait un bon joueur, un meneur, Feret, mais il a trouvé le moyen de le mettre dans une sale position au milieu ! Rennes devait trop bien jouer avec Feret en meneur libre, ça devait le gêner… Devant Lorient malgré la leçon de foot reçu, Rennes reste 7e, derrière Sainté, Nice et Bordeaux. Une place qui lui va bien…