





Fulgence, vous êtes un petit campagnard qui a découvert la ville…
J’ai été élevé tout petit à la campagne dans un petit village de cinq cents habitants (Pic Saint-Loup, dans l’Hérault) puis j’ai déménagé dans une ville (Montpellier). J’ai toujours aimé le mélange entre ce qui bouge et ce qui est calme.
Comment vous-est venu le plaisir de jouer avec les autres ?
Cette passion m’est venue tout petit, à l’école de rugby du Pic Saint-Loup. Il fallait partager les valeurs de ce sport, passer des après-midis avec les amis, jouer ensemble. Il fallait faire vivre le ballon. On s’est régalé.
Pensez-vous que le rugby soit la guerre ?
C’est un
Vous avez poussé vos études assez loin…
Jusqu’au lycée, je n’ai jamais redoublé, sans pour autant exceller, mais toujours avec des notes un peu au-dessus de
« Le rugby commence par les gros ! »
On imagine que la pratique du rugby dans ces conditions ne devait pas aller de soi…
Jusqu’à 17 ans, le rugby, c’était ludique. Ce n’est qu’après que j’ai eu envie de réussir dans ce sport, et j’ai rejoint Montpellier. Pour l’instant, j’ai besoin de m’y consacrer à 100%.
On a parlé de la guerre, mais on peut dire que le rugby, c’est aussi la culture de la pudeur…
Ça me va bien. Je m’exprime mieux sur le terrain par des actes. Ce ressenti-là est plus fort que les mots. Si ça ne passe pas entre les hommes sur le terrain, ça ne donnera rien.
Vous êtes jeune et vous avez déjà un CV bien rempli. Comprenez-vous que l’on puisse vous considérer comme un ovni ?
(rires) C’est un truc de fou… J’ai 23 ans, je fête ma 19e sélection en équipe de France, je suis capitaine à Montpellier, c’est fantastique.
Dans ce XV de France, à l’exception d’Aurélien Rougerie (Clermont), il y a beaucoup d’avants comme vous qui sont capitaines en club…
Les hommes forts sont devant, les autres sont là pour le spectacle (rires). Non, je plaisante… Mais un pack doit avoir du caractère, avec des hommes de combat, et les capitaines se trouvent parmi eux. Le rugby commence par les gros (il pèse 97 kilos pour 1m91, ndlr) !
« Avoir la même carrière que Serge (Betsen) »
Vous avez encaissé cent points dans vos deux premiers matches (tests-matches de juin 2007 en Nouvelle –Zélande). Avez-vous été marqué au fer rouge par ces défaites face aux Blacks ?
Ce sont des matches de cette intensité qui font progresser. La défaite de novembre dernier (12-39 à Marseille) reste aussi présente, même s’il elle douloureuse. On a pris une fessée, mais c’est une chance. J’ai vu le chemin.
Vos origines restent marquées par votre enfance et votre adoption…
J’ai été adopté à l’âge de trois ans, j’ai toujours mes parents au Burkina Faso. Je n’ai jamais eu de cadre familial structuré. J’ai sûrement un manque de repères de ce côté-là. C’est peut-être la raison à ma discrétion. J’ai grandi avec ce défaut, ou cette qualité-là.
On vous compare souvent à Serge Betsen (troisième ligne aile historique du Biarritz-Olympique, aux 63 sélections, ndlr)…
Betsen, ou parfois Dusautoir… On fait souvent cette comparaison. On a des parcours similaires, mais on a chacun notre caractère. Si je pouvais avoir la même carrière que Serge, ce serait avec plaisir.
Que peut-on vous souhaiter ?
Remporter le Tournoi 2010 et être retenu pour
















