





Brian Joubert estime avoir changé de comportement. Et entend bien le prouver à Berlin lors des Mondiaux
Brian Joubert, les dirigeants du patinage artistique français ont décidé de vous retenir pour les Mondiaux de Berlin. Satisfait ?
C’était le but, bien sûr. Je ne doutais pas de trop ça. Ce qui me fait plaisir, c’est que le staff des Bleus me fasse confiance. Ils auraient pu décider d’envoyer à Turin Yannick (Ponsero) ou Alban (Préaubert). C’est une preuve… et c’est ce qui me fait le plus plaisir. C’est bon de sentir que des gens vous soutiennent et croient en vous. Je doute facilement des gens et là ils me confortent dans l’idée qu’ils sont vraiment là pour moi.
Comment avez-vous jugé ce test ?
Plus comme un test de forme pour voir où j’en étais dans ma préparation. Pour voir comment j’avais évolué depuis les JO. C’était un test assez difficile. Ça faisait huit ans que je n’en avais pas eu. J’avais beaucoup de facteurs qui me gênaient. C’était personnel mais cela a suffi à me mettre la pression. Mis à part l’erreur sur le lutz ce matin et le quad cet après-midi, le reste du programme était convenable et les sensations sont revenues.
Le lutz, vous en parlez. C’est ce fameux saut sur lequel vous avez buté à Vancouver également…
Le lutz, c’est spécial. C’est quasiment l’un de mes meilleurs sauts. J’ai eu beaucoup de déceptions dessus lors du programme court. Des chutes ou même des blessures à l’entraînement notamment. Je suis un peu atteint sur ce saut-là. Mais dans le long, ça va, j’en ai passé deux.
Vous êtes-vous senti en danger ?
Non. Je me focalisais plus sur mon travail que sur ma concurrence avec Alban. Apparemment, il avait très bien patiné. Maintenant, s’il partait à ma place, j’aurais été content. C’est un ami. Moi, il fallait surtout que je travaille. Monde ou pas monde, il faut que je travaille.
Qu’est-ce que ce test signifie pour vous ?
Que je pouvais vraiment rebondir. C’est vraiment encourageant. Ça me fait du bien. Je ne veux surtout pas lâcher. Il ne faut pas baisser les bras, il faut attaquer. Si je veux prouver que je suis un bon sportif, je ne dois pas flancher.
Vous parliez de votre comportement lors des JO de Vancouver. A-t-il changé depuis ?
Oui. J’ai revu beaucoup de choses dans ma façon d’être. Du coup, je me sens beaucoup plus libre, plus léger. Mais il y a encore des restes. J’ai toujours des questions qui me trottent dans la tête. J’avais les jambes qui tremblaient au moment d’entamer le libre. Ce n’est pas normal ça, preuve que j’ai encore du travail à faire. Je me suis vraiment fragilisé cette saison.
Vous parlez de questions, d’échecs ?
J’ai accumulé pas mal d’échecs cette saison. Pas de grosses contre-performances mis à part aux JO mais des petits échecs qui fragilisent. En plus, c’était l’année olympique, je l’ai foiré… à moi de rebondir désormais.
Peut-on parler d’un nouveau Brian Joubert ?
Le nouveau ? Avec du recul, je ne retrouverais pas l’insouciance que j’avais à dix-neuf et vingt ans. Je n’avais pas la même pression à l’époque. Mais je peux retrouver le Brian de 2007. Celui qui attaquait. C’est ce qu’il me manque pour le moment au début du programme.
Quels seront vos objectifs lors des Mondiaux ?
Retrouver de la confiance. Ce test m’a fait plaisir. Je veux entrer sur piste à Turin sans me poser de questions. Si j’y arrive, je serais content. Je sais que je peux rebondir dès les Mondiaux. Je le sais et je veux me le prouver à moi-même.













