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Franck Cammas et Groupama 3 ont elevé deux jours au record de Bruno Peyron
Le monde rétrécit dangereusement. 80 jours pour en faire le tour pour Phileas Fogg et Jean Passepartout, 50 pour Bruno Peyron et maintenant 48 grâce à Franck Cammas. L’équipage de Groupama 3 a réussi l’exploit de raboter deux jours au précédent record en franchissant la ligne d’arrivée hier soir à 22h40 précises après 48 jours, 7 heures, 44 minutes et 52 secondes. « C’est bien qu’ils battent le record, c’est la meilleure équipe au monde en grand multicoque » complimente Bruno Peyron qui était le tenant du trophée sur Orange II jusqu’à cette nuit. Une performance exceptionnelle pour Cammas qui a longtemps été en retard sur la précédente marque. Mais lors de la remontée dans l’Atlantique, il a réussi à voler trois jours en six jours à Bruno Peyron. « Le mental a eu énormément d’importance, lançait Cammas avant de franchir la ligne. On n’a jamais perdu espoir. »
En passant, la ligne, le natif d’Aix-en-Provence et ses neuf équipiers n’ont pas touché aux derniers paquets de nourriture lyophilisée qu’il leur restait. Ravitaillés par un bateau Zodiac, ils ont pu diner entre eux autour d’un vrai bon repas. Dimanche matin, Groupama 3 sera accueilli par plusieurs milliers de personnes dans le port de Brest. Une performance exceptionnelle qui pose la question des limites de ces multicoques. « A chaque nouvelle tentative, on essaye de franchir une marche technologique, avance Peyron. Maintenant que la barre des 50 jours est tombée, ce sera encore plus dur de la battre. Ils ont eu plus de pression que nous. Ils ont poussé la machine dans le final sans casser, ce qui leur donne davantage de mérite. » On sait que Cammas avait repoussé plusieurs fois son départ et qu’à quelques jours près il avait failli manquer la bonne fenêtre météo pour s’élancer. Lors de sa circonvolution longue comme mille marathons, il a vécu pour la première fois de sa carrière le passage du Cap Horn : « On s’attendait à un combat rude. On a fait un beau parcours. Ça fait quatre ans qu’on est sur le projet avec des hauts et des bas. Cinquante jours sur ce bateau, c’est fort ! » expliquait Cammas juste avant de franchir la ligne. Pas 50, mais 48 jours, Monsieur Cammas ! Vous venez de créer une nouvelle frontière.