© RMC
Les « showmen » savent soigner leur entrée. Et Franck Cammas en est un. Il a préféré passer une dernière nuit dans son bateau avec ses équipiers avant de regagner la terre ferme au matin, à une heure de forte affluence à Brest, histoire que la fête soit totale. « On a attendu la nuit pour qu’il y ait le maximum de monde ce matin », concédait d’ailleurs volontiers le navigateur. Ils étaient plus de 5 000 à avoir zappé la messe ou la grasse matinée du dimanche pour voir Groupama 3 se ranger dans le port de Brest à 10h20 précises. Parmi eux, Cyril, les yeux pétillants et le numérique chargé de photos : « Ça fait longtemps qu’on en rêve, c’est magnifique pour cet équipage. C’est impressionnant de voir des hommes se surpasser pour arriver à de telles choses. »
La voile de Groupama avait fait son apparition dans l’horizon ensoleillé de l’Atlantique autour de 9 heures. Soixante minutes pour rentrer au port, vingt autres pour faire bruyamment applaudir le bateau au public. Pas de tambour ni de trompette, pas de feu de Bengale, simplement deux coups de corne de brume, une arrivée sobre. Certains des neuf membres de l’équipage comme Thomas Coville ont même pris le temps de se raser. Le sourire jusqu’aux oreilles, il raconte : « Dans le Pacifique, on a fait un ‘reaching’ (le bateau vogue perpendiculairement au vent, ndlr) avec Steve Ravussin. On avait un grain, on faisait voler le bateau. Les autres sont sortis pour nous demander si on était sur une autre planète. Et on était sur une autre planète ! »
« Comme des gamins »
Visage reposé, traits détendus lui aussi, Franck Cammas ne parait pas sortir de plus d’un mois et demi en mer à lutter contre les vagues et les éléments. L’image qu’il retient ? Le passage du Cap Horn, rocher mythique : « On était comme des gamins. On a fait la photo de ce gros caillou. » Il est ensuite rejoint par le onzième membre de l’équipe, le routeur Sylvain Mondon, qui l’a guidé du PC course durant tout ce périple.
On débouche le champagne avant de retrouver femmes et enfants : « Ça y est, c’est le soulagement ! On a fêté ça entre nous et on a savouré toute la nuit. On n’a jamais lâché le morceau, c’est super de finir comme ça », se réjouit Cammas. Après quelques ultimes réjouissances, Groupama 3 se sépare. « C’était vraiment une dream-team, une somme d’expériences et de talents », assure le navigateur. Ils se retrouveront pour d’autres joutes, les uns contre les autres cette fois.