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Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a voulu clore lundi la polémique lancée la veille par Rama Yade sur l'hébergement des Bleus en Afrique du Sud. Dimanche, la secrétaire d'Etat aux Sports avait jugé que le choix du luxueux complexe hôtelier de P
PARIS (Reuters) - Le gouvernement, l'opposition et la Fédération française de football (FFF) ont vivement répliqué lundi à Rama Yade, qui avait critiqué le luxe de l'hôtel occupé par l'équipe de France de football en Afrique du Sud.
La secrétaire d'Etat aux Sports avait jugé dimanche que les Bleus manquaient de "décence" en temps de crise en s'installant pour le début de la Coupe du monde dans un hôtel "clinquant" et leur avait recommandé de se distinguer plutôt en gagnant.
Les instances dirigeantes du football français ont souligné que la Fifa, organisatrice du Mondial, prendrait en charge le séjour au Pezula, l'un des établissements les plus réputés du pays, situé à Knysna, dans la province du Cap-Occidental.
Le directeur général adjoint de la FFF, Jean-Louis Valentin a expliqué qu'il ne pouvait plus garantir un bon accueil à Rama Yade si elle rendait visite aux Bleus lors du Mondial.
"C'est à Rama Yade d'apprécier l'opportunité de sa venue. En ce moment, il est difficile de lui garantir un triomphe", a-t-il déclaré sur France Info.
Le président de la FFF Jean-Pierre Escalettes s'est dit dans un communiqué publié lundi "très surpris" par ces déclarations et s'est félicité de la mise au point de la ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot.
La ministre de tutelle de Rama Yade a coupé court à la polémique dès dimanche soir et a été relayée par le porte-parole du gouvernement Luc Chatel lundi.
"Ce qui est important aujourd'hui, c'est que tous les Français, et y compris les membres du gouvernement, soient mobilisés derrière leur équipe", a-t-il dit sur France Inter.
500 EUROS LA NUIT
Le porte-parole du Parti socialiste Benoit Hamon a reproché de son côté à Rama Yade d'avoir, alors qu'elle s'indigne du luxe de l'hôtel, favorisé plusieurs mesures qui selon lui poussent le football professionnel vers la course à l'argent.
Il a mentionné un régime fiscal plus favorable pour les joueurs et la libéralisation des paris sportifs en ligne.
"C'est bien de se préoccuper de la défense ou des conditions dans lesquelles on a logé nos joueurs. J'observe qu'elle est la secrétaire d'Etat qui a permis les pas plus importants en matière de transformation du football en un foot-business de plus en plus lié à l'argent", a-t-il estimé.
Le quotidien L'Equipe, "bible" des milieux sportifs français, critique aussi son intervention dans un éditorial lundi, parlant de "démagogie" et de "posture politicienne".
L'équipe de France est arrivée samedi en Afrique du Sud, où elle disputera vendredi son premier match face à l'Uruguay.
Sur un domaine d'un millier d'hectares entouré de collines boisées, l'hôtel Pezula dispose notamment d'une plage privée et ses clients peuvent y jouir d'une vue sur l'océan.
Le vice-président de la FFF en charge des affaires économiques, Noël Le Graet, a souligné sur Europe 1 que la Fifa prenait en charge le prix de cet hébergement.
Le prix des chambres est selon lui "voisin" de 500 euros la nuit mais reste "dans l'enveloppe de la Fifa", a-t-il assuré.
Après des qualifications difficiles conclues par un barrage très litigieux contre l'Irlande, avec un but entaché d'une main de Thierry Henry, et des matches amicaux médiocres, l'équipe française se prépare dans un climat de doute.
Ses joueurs ont affirmé lundi qu'ils ne se préoccupaient pas de la polémique sur leur hôtel.
Clément Guillou et Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse