© Reuters
Chantal Jouanno
Chantal Jouanno, vous étiez à Belgrade durant la finale de la Coupe Davis. Quelles sont selon vous les raisons de l’échec de l’équipe de France ?
Je ne veux pas rentrer dans ce débat. Les Serbes étaient plus forts que nous, voilà tout. Et puis, l’ambiance était très chaude. Les joueurs français n’ont pas l’habitude d’évoluer dans un tel contexte. Néanmoins, Guy Forget a une équipe qui n’est qu’au début de son cycle. Je suis sûre qu’elle va rebondir.
Pour rester dans le tennis, êtes-vous favorable au maintien de Roland-Garros à Paris ?
Le problème, c’est que le site est trop petit pour organiser un Grand Chelem. Mais ça fait partie d’un patrimoine national. Il doit y avoir un projet à la hauteur et justement il y a un beau projet sur Paris. Maintenant, c’est la Fédération qui choisit et qui finance. Tout ce que le gouvernement peut faire, par l’intermédiaire du ministère de l’écologie, c’est mettre à la disposition de ce projet les grandes serres d’Auteuil. A ce stade, le projet le plus abouti reste celui de Paris.
Pour en venir au football, cela vous choque que la FIFA ait accordé la Coupe du monde à la Russie en 2018 et au Qatar en 2022 ?
Il y a deux sujets. Premièrement, la corruption à la FIFA et ça c’est dramatique. Et il y a le choix. Et là, je m’inscris en faux contre l’idée qui dit : lorsqu’un pays n’a pas la culture du foot, il ne doit pas avoir la Coupe du monde. Il n’y a pas de raison de fermer la porte à un nouveau pays. C’est bien pour la Russie. Quant au Qatar, c’est radicalement nouveau. Les dirigeants qataris ont mis les moyens pour gagner. C’est bien que le foot s’ouvre à de nouveaux continents.
De nouvelles luttes apparaissent à la tête de la FFF. A-t-on retenu les leçons du passé ?
Ce sont des affaires d’hommes. Le plus important, le seul message que je voudrais faire passer : cela ne doit pas être le débat autour de la modernisation ou pas de la FFF. Il y a eu des états généraux, des décisions ont été prises, elles devront désormais être acté au CA du 18 décembre. Il ne faut surtout pas que des problèmes internes pénalisent ce qui est en train d’être fait.
Que pensez-vous des propos de Nicolas Anelka qui dit dans les Inrockuptibles : « Si on m’avait obligé à chanter la Marseillaise, j’aurais quitté l’équipe de France » ?
Ce n’est pas bien. Anelka est Français. C’est la France qui l’a formé et qui lui a permis d’être un grand joueur. Quand on joue en équipe de France, on accepte d’en porter la charge. Je n’obligerais jamais un joueur à chanter la Marseillaise mais le minimum, c’est de ne pas dire qu’on refuse de la chanter.
Autre sujet polémique, le dopage. Quelle est votre position sur l’affaire Contador ?
Le vrai drame du Tour de France, c’est qu’il y a suspicion sur tous les champions. On est souvent à la limite entre l’aide et le dopage. Aujourd’hui, on a deux grosses priorités : la prévention à tous les niveaux et la corruption. On assiste au développement des paris, il faut déjà prendre toutes les précautions.
N’êtes-vous pas inquiète lorsqu’Edgar Grospiron, le patron de la candidature d’Annecy 2018, s’interroge quant à la viabilité de cet événement ?
Grospiron pose la question de la stratégie. On a le meilleur dossier technique. En plus, c’est le seul dossier qui propose un site à la montagne. Notre problème : on ne sait pas faire du lobbying. L’Etat est prêt à aider. Mais il faut que l’on dise ce que l’on va faire sur le plan stratégique et communication. Maintenant, il faut convaincre.