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Banque Populaire 5
Le stress à l’arrivée
« Je ne suis pas crevé, moins qu’en solitaire. Mais usé, oui. C’est un stress permanent. On a tout le temps l’angoisse qu’il se passe quelque chose. C’est comme si on fonçait à 800 km/h dans la nuit, parce qu’on va cinq fois voir huit fois plus vite qu’un bateau normal. On a peur de casser. En solitaire, il y a la peur de chavirer. Nous, c’est de nous arrêter, avec une bille de bois, une casse mécanique. »
Capitaine mais pas pacha
« Je ne suis ni archaïque, ni féodal. Brailler ne mène nulle part. Olivier de Kersauzon, par exemple, n’est pas une référence pour nous. Il y a plein d’autres marins qui sont meilleurs. Quand tu commencer à gueuler, quand tu fais le pacha, c’est que tu es en échec. Il faut un capitaine, mais il faut tout faire pour que chacun regarde dans la même direction. Je consulte, mais il faut décider. Quand on n’est pas d’accord, j’ai le dernier mot. Il n’y a eu aucun souci. J’essaie de prendre la décision quand je sens qu’il y a une majorité. Et il ne faut pas oublier Marcel Van Triest, notre routeur, notre 15e homme. »
Une morpho de criquets
« Je n’ai jamais fait de musculation, et ceux qui en font, c’est du spécifique, c’est du foncier. On est des criquets, il faut pouvoir s’économiser. Je suis plus un roseau qu’un chêne. »
Eviter les icebergs et endiguer la peur des vagues
« Ça fait peur, c’est le terrain de jeu qui n’est pas ratissé. Les gros icebergs, on les voit. Les petits, on ne les voit pas, et à 30 nœuds, c’est le champ de mines ! Il y avait un espace grand comme l’Europe d’icebergs, on l’a contourné par le nord, on a rallongé un peu la route (…) Ce ne sont pas les grandes vagues qui font le plus peur. Il y a une grande houle, on la voit venir, ça va. Mais quand le vent s’y met, c’est des vagues de 3-4 mètres, de la tôle ondulée, et là c’est bing, bing, bing… Quand on a un bébé de 40 mètres et qu’on avance, on a la vitesse avec nous, qui nous protège. »
Mourir en mer
« On a perdu des copains, notamment en solitaire, mais quand tu commences à avoir peur, c’est qu’il faut s’arrêter. »
La voile fait rêver
« La voile n’est pas un sport majeur mais a des événements majeurs. On est à des années-lumière d’autres sports indécents. On cherche des clients pour vendre nos histoires. Banque Populaire est là depuis 23 ans. Le projet Jules Verne, initié par Pascal Bidegorry il y a cinq ans, c’est 3 M€ par an. On vend du rêve. »
Sous la barre des 40 jours ?
« Peut-être. Ce Banque Populaire a battu le record de l’Atlantique, en faisant 1700 km en 24h… Mais c’est une utopie, on reste tributaire de la météo. »