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Franck Cammas
Franck, quelles sont les nouvelles de Groupama 4 ?
L’équipage va bien. On est arrivé fatigués de la précédente étape. On a pu s’éloigner de la base, des bateaux et pour certains, retrouver les familles. On est tous contents de reprendre la route sur Groupama 4, bien reposés et prêts pour la suite.
La Volvo Ocean Race est une épreuve au long cours. Par rapport à votre expérience, est-ce quelque chose que vous découvrez ?
Cette intensité, cet enchaînement des étapes pendant neuf mois, c’est une vraie difficulté. La troisième étape représentait l’équivalent d’une Route du Rhum ou d’une Transat Jacques-Vabre. Il faut vraiment se remettre ensuite dans un bon état physique et moral pour repartir dix jours après. Il faut que tout le monde se serre les coudes pour être au mieux de notre forme. Cette difficulté, on l’appréhendait au départ. Mais elle n’est pas plus dure que ce que j’imaginais, pas moins dure non plus.
Cette troisième étape restera peut-être comme la plus dure de l’épreuve...
Oui car on a enchaîné les manœuvres, avec quasiment lors du dernier jour de course 25 virements à effectuer. Depuis le départ, on a eu beaucoup de vent de face. Ce n’est pas facile à vivre sur un bateau. Et puis on a eu pas mal de danger, pas mal de manœuvres à faire et de risques à gérer. On a fini très fatigués. Mais quand on termine à la deuxième place, la fatigue s’oublie vite.
« Telefonica n’est pas si serein »
Le fait que la prochaine étape soit plus ouverte tactiquement peut-il vous permettre de gommer l’écart concédé aux Espagnols de Telefonica ?
Sur la vitesse pure, on sait que Telefonica est meilleur. Alors oui, on peut jouer notre va-tout sur une option météo, une option stratégique. Il faudra le faire intelligemment. On a confiance dans la vitesse que l’on a avec Groupama 4. Au contact, on n’a aucun complexe. On peut faire la différence sur la même route que les autres. Telefonica sera encore un favori sur cette étape-là. Les écarts se resserrent. On n’est jamais très loin. J’espère que ça basculera bientôt pour nous.
Telefonica qui égale le record de Peter Blake en signant trois victoires consécutives, cela ne finit-il pas par agacer à la longue ?
Non, on apprécie cet équipage. Avec nous, ce sont les seuls Latins de la course. Si on ne gagne pas, on souhaite que ce soit eux. Il reste pas mal d’incertitudes sur la course aujourd’hui. C’est difficile de dire qui va gagner l’épreuve. Telefonica n’est pas si serein que ça. On les a vu terminer derniers sur des parcours qui ne valaient pas beaucoup de points. L’erreur est aussi possible chez eux, même s’ils en ont fait moins que les autres. On n’en est qu’au tiers de la course, il reste plein de milles à parcourir et donc beaucoup d’occasions de se rapprocher d’eux et de les dépasser. Pour le reste, la bagarre est encore serrée. On est très heureux d’être dans une position où on peut encore se battre pour la victoire, contre Telefonica et contre les autres bateaux également.
Justement, au tiers de la course, quel bilan dressez-vous ?
Il est positif. On a gâché quelques points. On est le seul équipage bizut de cette édition. On tombe facilement sur les erreurs. Depuis le début de l’année, Groupama 4 a marqué le plus de points sur la course et a le plus progressé. Il faut rester sur cette dynamique. Comme la course est très longue, on sera très dangereux sur la fin. Je croise les doigts pour qu’on puisse continuer à se battre. Cette course, c’est un vrai défi pour nous. On est content de la place que l’on a mais il nous manque deux places au général. On va se battre pour les grappiller.
Groupama 4 en embuscade
Après une dizaine de jours de relâche, la Volvo Ocean Race reprend ses droits ce dimanche (7h, 14h heure locale) pour le compte de la 4e étape, disputée entre la ville chinoise de Sanya et Auckland (Nouvelle-Zélande). L’occasion pour Groupama 4 de confirmer les progrès entrevus lors de la précédente étape, qui l’avait vu finir deuxième derrière le leader de l’épreuve au classement général, l’espagnol Telefonica. Neuf points séparent le voilier de Franck Cammas de l’équipage de l’Australien Chris Nicholson (Camper), dauphin de Telefonica et ce à quelques heures d’une étape qui devrait s’annoncer, des dires de Cammas, « beaucoup plus stratégique » que les précédentes.