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Robert Marchand
Le temps imparti est écoulé, mais Robert Marchand continue de tourner sur le vélodrome du Centre mondial du cyclisme d’Aigle, en Suisse. Comme ça, juste pour le plaisir. A 100 ans et bientôt 3 mois, l’Amiénois vient pourtant de réaliser une performance hors du commun. En 1h chrono, ce centenaire bondissant a parcouru 24,251km, établissant ainsi le premier record de l’heure dans la catégorie « Masters de plus de 100 ans ». « Je ne suis pas fatigué du tout, lance-t-il à l’arrivée. S’il avait fallu recommencer, j’aurais pu. Si c’était un record de deux heures, j’aurais pu continuer encore. Et ne croyez pas que je suis un prétentieux ! »
L’adaptation à la piste suisse, où siège l’Union Cycliste Internationale, aurait pourtant pu être beaucoup plus difficile. « La dernière fois qu’il avait fait de la piste, c’était en 1937 sur le Vel’ d’Hiv’ », confie Gérard Mistler, président de la cyclosportive « L’Ardéchoise » et fidèle soutien de Robert Marchand. Solidement cramponné à son guidon, le plus vieux licencié de la Fédération française de cyclisme a épaté tous les observateurs. « Il était en dedans de ses capacités car il veut vivre longtemps, souligne Mistler. A trois tours de la fin, je l’ai vu sourire sur le vélo. Il en a gardé sous la pédale car Bernard Thévenet m’a dit qu’il aurait pu faire deux kilomètres de plus. »
« Je ne suis pas un héros »
Si le cyclisme a toujours été le fil rouge de la vie de cet homme qui possède en Ardèche un col à son nom, Robert Marchand n’a pas toujours eu le temps de pratiquer régulièrement son sport de prédilection. Berger dès l’âge de 14 ans, il a pratiqué la gymnastique au point d’avoir été champion de France, avant de vivre pendant huit ans au Venezuela, puis d’être bûcheron au Canada. Un parcours qui ne lui a permis de se consacrer pleinement au vélo qu’à l’approche de ses… 80 ans ! Mais de là à en faire un héros des temps modernes, lui qui a vécu les deux guerres mondiales… « Je ne suis pas un héros, s’exclame-t-il. Je suis un type ordinaire. »
Un type ordinaire, au physique réduit (1m58, 51kg), mais qui vient de marquer à jamais l’histoire de son sport. « Je pense que c’est le plus beau jour de ma vie. Avec ce ‘truc’, on verra encore Robert Marchand dans 20, 30 ou 50 ans dans les annales », lâche-t-il. Quant à savoir la recette de sa santé de fer, l’inoxydable rouleur lance avec malice : « Je me dope à l’eau avec du miel dedans ! » Et d’avouer avoir savouré « une petite coupe de champagne » bien méritée, une fois son record bouclé.