Sur sa voile d’une teinte rose, on peut lire ce qui pourrait être un slogan : « Avec du cœur, tout est possible ». Même de traverser l’Atlantique sur une planche à voile avec un défibrillateur ? La réponse de Sarah Hébert fuse : « Etre au départ est déjà extraordinaire. J’ai déjà gagné ! La deuxième étape sera de rejoindre l’arrivée. Mais c’est une grande émotion de retrouver l’océan et le grand large. Enfin ! »
Depuis deux ans, la jeune Morbihannaise de 27 ans n’a plus que ce projet en tête. Il est né dans d’étranges circonstances, une nuit de mars 2006. Quelques mois plus tôt, son médecin décèle que sa patiente est atteinte de tachycardie. Un monde s’écroule, la FFV lui retire sa licence alors qu’elle est quadruple championne de France et vice-championne du monde de planche à voile. Après la pose d’un défibrillateur, Sarah s’attaque donc à son nouvel Everest : l’Atlantique. « Bien sûr que je prends un risque. Mais j’ai vérifié tout le matériel de sécurité, de localisation et, surtout, je bosse avec des pros. Je suis prête », disait-elle la veille de son départ de Dakar.
Depuis deux ans, elle bosse sans relâche pour arriver prête le Jour J, c'est-à-dire ce mercredi. « Etre si proche du but est un vrai régal. J’ai hâte d’être sur l’eau et d’en profiter », savourait-elle à quelques heures du grand départ. Elle a calculé environ 25 jours de mer, accompagnée à distance par un catamaran où elle passera ses nuits. « Il y a à bord deux navigateurs, un kiné et un photographe. Mais ils risquent de me perdre de vue rapidement parce que je devrais avoir une vitesse légèrement supérieure », rigole-t-elle. Comme d’anciens Bretons fictifs, elle n’a finalement peur que d’une chose, que le ciel lui tombe sur la tête ! « Je n’ai aucune crainte, j’espère juste qu’il y aura du vent. » On le lui souhaite bon.