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Adrien Hardy va disputer ses 4es Jeux Olympiques.
Adrien, vous avez été champion olympique en deux de couple en 2004 mais à Londres, vous ferez du quatre de couple : pourquoi ?
C’est la Fédération et le chef des équipes de France qui ont fait ce choix. Après les Jeux de Pékin, certains sont partis sur une autre aventure (le deux de couple notamment, ndlr). Le quatre était un peu démuni. Jean-Raymond Peltier m’a proposé le quatre en début de saison et j’ai accepté. Quand j’ai dû déclarer forfait aux Championnats de France parce que j’étais malade, il a continué à me faire confiance parce qu’on a travaillé tout l’hiver ensemble et qu’il connaissait mes qualités.
La qualification pour les Jeux n’était pas du tout acquise…
Oui, ça a été très compliqué. En aviron, les sélections se basent sur les résultats des Championnats du monde précédents. Or, l’équipe de France n’a pas été très performante (12e en huit de pointe avec barreur à Bled, Slovénie) et on n’avait que trois bateaux qualifiés pour les Jeux : le deux de couple, le deux de couple poids légers et le quatre sans barreur poids légers. Il y avait une seule régate pour sauver la mise, c’était en mai dernier, à Lucerne. Il fallait faire dans les deux premiers et on a réussi à prendre cette deuxième place à 12 centièmes devant les 3e, soit 40 centimètres. On est allés au bout de nous-mêmes, on ne savait même pas ce qu’il se s’était passé à l’arrivée. On a attendu le verdict des juges et heureusement, on s’est qualifiés.
A quoi peut-on s’attendre aux JO ?
On a un quatre de couple assez jeune. On a commencé le projet en vue des Jeux suite à l’échec l’année dernière du quatre de couple déjà existant. Donc on a le défaut de cette jeunesse mais on a aussi cette énorme envie. Entre moi qui suis le plus ancien et le plus jeune qui a à peine 20 ans (en fait 22 ans, NDLR), il y a une génération. On apprend à gérer cette différence d’âge (Hardy est accompagné de Pierre-Jean Peltier, 28 ans, Matthieu Androdias, 22 ans et Benjamin Chabanet, 23 ans).
Peut-on espérer une médaille ?
On est vraiment outsiders dans l’histoire parce qu’on a fait de bonnes performances (2e à Lucerne, 4e à la Coupe du monde à Belgrade (Serbie), 1er à la Régate internationale de Piediluco) mais on n’est pas encore stables dans la performance. Il y a de la densité mais on est irréguliers.
L’aviron : un sport national en Angleterre
Les épreuves d’aviron devraient faire le plein à Londres, tant la discipline y est populaire. Meilleure sélection au monde, la Grande-Bretagne a terminé première des Championnats du monde en 2011 et 1ère à l’issue des épreuves de Coupe du monde cette saison devant l’Allemagne et les Pays-Bas, la France pointant en 9e position. En Angleterre, le succès de la célèbre régate Oxford-Cambridge ne se dément pas. « L’aviron en Angleterre, c’est une institution. Le public est hyper connaisseur, se réjouit Adrien Hardy qui avait remporté les Championnats du monde à Eton en 2006 en deux de couple. Je pense qu’on va aller dans un vrai stade avec un monde fou sur 500 mètres et un bruit complètement dingue. Ca va être magique ».