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Valérie Fourneyron
C’est un tournant dans la jeune histoire du Stade de France. Mardi, à l’occasion de la présentation du budget 2013 du ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, Valérie Fourneyron confirmera le désengagement de l’Etat dans le contrat qui le lie au consortium du SDF. Une vraie rupture alors que ce contrat court jusqu’en 2025. Si le climat est à l’austérité économique, l’absence de club résident et des clauses jugées illégales par le Conseil Constitutionnel, expliquent ce retrait.
Pour l’Etat, la facture est trop salée. Depuis 1998, l’indemnité pour absence de club résident a coûté 115 millions d’euros (12M€ en 2012). « C’est beaucoup pour le budget du sport », a confié Valérie Fourneyron au micro de RMC Sport. Voilà pourquoi la ministre refuse de payer davantage et réclame des négociations : « L’Etat a tenu son engagement contractuel jusqu’à aujourd’hui, mais il est grand temps de revoir ces clauses, juge la ministre. Celles-ci ont été jugées illégales au regard des garanties apportées par l’Etat, et ne doivent donc pas figurer dans le budget 2013. C’est le cas. »
Fourneyron veut « un nouveau business model »
Si les négociations ont déjà débuté, le dossier s’annonce complexe. L’Etat n’est pas le seul « payeur ». Les Fédérations françaises de football et de rugby aimeraient, elles aussi, redéfinir les grandes lignes d’un contrat arrêté en 1995. « Un nouveau business model », comme l’appelle Valérie Fourneyron. Des discussions sont engagées avec le consortium et les fédérations pour mettre sur pied un nouveau cadre juridique.
A la FFF, qui a signé en 2010, et sous l'ère Duchaussoy, une convention qui l’oblige à payer 9M€ par an jusqu’en 2025, Noël Le Graët a déjà affirmé son désir de renégocier le contrat. Du côté de la FFR, le bail expire en 2013.
Le consortium doit-il revoir à la baisse ses exigences financière ? C’est envisageable : « Le concessionnaire sort un compte d’exploitation positif, argumente Valérie Fourneyron. L’équilibre a été trouvé. Pour nous, il n’est pas acceptable de continuer à compenser avec le budget du sport cette absence de club résident. » L’enceinte dionysienne doit-elle se trouver un club pour compenser l’éventuelle baisse de ses revenus ? « C’est quelque chose qui n’a jamais été regardé avec intérêt, remarque la ministre des Sports. En tout cas, le moment est venu de trouver un nouveau modèle. » A Saint-Denis, une page se tourne.