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Le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, a présenté un plan de réforme du sport de haut niveau, axé autour de la création d'un "Campus olympique et sportif français" envisagé comme un "Harvard du sport". /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier
PARIS (Reuters) - Le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, a présenté un plan de réforme du sport de haut niveau, axé autour de la création d'un "Campus olympique et sportif français" envisagé comme un "Harvard du sport".
Pressé par le président Nicolas Sarkozy de réformer le sport de haut niveau en France après des Jeux olympiques de Pékin en demi-teinte, Bernard Laporte a fixé quatre priorités pour refaire de la France "l'une des toutes premières nations sportives au monde".
A Pékin, les athlètes français ont récolté 40 médailles, mais "trop peu d'or" (sept) selon Bernard Laporte. La France s'est classée au 10e rang des nations.
Le point central de la réforme est la création d'un Campus olympique et sportif français (COSF), pensé comme un "campus de l'excellence sportive (...) où les entreprises comme les chercheurs doivent avoir leur place".
Ayant vocation à remplacer l'Insep à la rentrée 2009, le COSF sera financé à hauteur de 120 millions d'euros d'ici 2011, qui viennent s'ajouter aux 70 millions d'euros déjà investis pour la rénovation de l'Insep. Il prendra le statut de grand établissement de l'enseignement supérieur et sera basé sur le site actuel de l'Insep dans le bois de Vincennes.
S'inspirant du modèle britannique, Bernard Laporte veut en outre resserrer l'élite du sport français en réduisant à 5.000, contre 15.000 aujourd'hui, le nombre d'athlètes disposant du label "haut niveau" pour se concentrer sur les "réelles chances de médailles" et ne pas "faire rêver inutilement des jeunes".
L'ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports Marie-George Buffet, qui s'inquiète de la fermeture prévue en régions de plusieurs Creps (Centres régionaux d'éducation populaire et de sport), dénonce dans un communiqué une politique sportive "basée sur l'élitisme, le désengagement de l'Etat et (....) la privatisation de la formation".
La réforme du sport de haut niveau invite par ailleurs les fédérations à se doter d'une "culture de la performance" avec des objectifs fixés par l'Etat et évalués au moins deux fois par an.
Bernard Laporte souhaite en outre "démocratiser" les instances gouvernantes du sport pour que la diversité constatée sur les terrains se retrouve au sein des fédérations. A ce titre, il envisage de limiter le nombre de mandats des présidents de fédération.
L'autre volet de la réforme, qui concerne le sport professionnel, doit être présenté la semaine prochaine.
Clément Dossin et Clément Guillou, édité par Gilles Trequesser