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La finale de l'Open d'Australie dimanche entre Roger Federer et Rafael Nadal, numéro un mondial, prendra une dimension historique, le Suisse ayant l'occasion d'égaler le record de 14 victoires en Grand Chelem détenu par Pete Sampras. /Photo prise le 29 ja
par Eric Salliot
MELBOURNE (Reuters) - La finale de l'Open d'Australie dimanche entre Rafael Nadal, numéro un mondial, et Roger Federer, son dauphin, prendra une dimension historique, le Suisse ayant l'occasion d'égaler le record de 14 victoires en Grand Chelem détenu par Pete Sampras.
Paradoxalement, pour ce septième rendez-vous en finale d'un tournoi majeur entre les deux rivaux, le premier en Australie, Roger Federer se retrouvera dans la peau de l'outsider qui a une revanche à prendre, après une défaite magnifique mais traumatisante en finale de Wimbledon, il y a six mois.
"Je suis très excité d'affronter Rafa. Il a fait un match incroyable face à Fernando Verdasco (6-7 6-4 7-6 6-7 6-4 en 5h14, ndlr)", a déclaré Federer samedi à l'occasion d'une conférence de presse à Melbourne.
"C'est un grand moment parce que je peux égaler le record de Sampras. C'est encore plus intéressant car je me retrouve face à l'actuel numéro un."
"J'ai un rapport très particulier avec ce tournoi. Vous savez, c'est ici, en 2004 que j'ai décroché pour la première fois la place de numéro un. En tout cas, tout est prêt pour un grand match, comme à Wimbledon", a assuré le Suisse, qui espère un dénouement différent.
POLÉMIQUE SUR LA PROGRAMMATION DES DEMI-FINALES
Homme attaché aux traditions et au respect des règles, Roger Federer a défendu la programmation de cet Open d'Australie, avec des demi-finales sur deux jours, même si elles ne laissent pas autant de temps de récupération à un finaliste qu'à l'autre.
"Je trouve que deux affiches en night session, c'est plutôt bien pour les fans. Ce n'est pas aussi handicapant qu'à l'US Open où l'on doit enchaîner demie et finale en un peu plus de vingt-quatre heures. Là, on a au moins une journée de repos, voire deux pour celui qui joue le jeudi", considère Federer.
"Je suis sûr qu'il sera en forme car à l'exception de sa demi-finale, il n'a pas eu de moment difficile", dit-il de son adversaire.
Toni Nadal, l'oncle et entraîneur de l'Espagnol, regrette que l'équité sportive ne soit pas respectée pour un tel choc.
"Rafa et Fernando ont joué 5h14 à un très haut niveau pendant que Roger se reposait", a-t-il dit à Reuters.
"Je ne trouve pas normal que les deux demi-finales ne soient pas le même jour mais c'est comme ça. Je trouve encore plus incroyable la programmation à l'US Open. Si Rafa avait le malheur de faire une demi-finale à Flushing Meadows de cinq heures comme face à Verdasco, il ne pourrait pas jouer le lendemain !"
Toni Nadal affirme ne pas vouloir polémiquer et s'intéresser seulement à la récupération de son poulain. Pour la tête, il ne se fait aucun souci.
"Il n'a pas besoin de motivation supplémentaire compte tenu de l'aspect historique. Je répète que Federer est le meilleur de tous les temps. Et j'espère que dimanche il sera toujours bloqué à treize", conclut-il.
"Rafa" peut aussi rentrer dans l'histoire en devenant le premier Espagnol à remporter l'Open d'Australie. Mais il n'a pas en face lui la proie la plus vulnérable. "Bien sûr, j'aurais préféré un autre adversaire mais c'est ce qui rend ce sport si beau, les finales comme celle-ci", explique l'Espagnol.
Si le jeu est à la hauteur de l'enjeu, ce dimanche australien pourrait marquer les mémoires comme le dernier affrontement entre les deux hommes dont la rivalité a marqué la décennie.
Avec Greg Stutchbury à Melbourne, édité par Clément Guillou