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© RMC
photo prise le 24 juillet 2002
Monseigneur, le Monte-Carlo Rolex Masters de tennis a battu une nouvelle fois des records d’affluence avec 124 000 spectateurs en huit jours. Que pensez-vous de la domination extraordinaire de Rafael Nadal sur terre battue (l’Espagnol a remporté le tournoi pour la cinquième fois d’affilée dimanche) ?
Comme Björn Borg en son temps, il domine son époque. Il possède des qualités physiques, techniques et mentales assez exceptionnelles. Même s’il est encore très jeune, il fait preuve de maîtrise, de détermination et de sang-froid. Il sait se sortir de situations compliquées. C’est un très grand champion. On pourrait vouloir que ses rivaux lui proposent une résistance supplémentaire, mais c’est tellement extraordinaire de le voir varier ses coups et prendre autant de plaisir sur un court que l’on ne peut se lasser d’un tel spectacle.
Le Grand-Prix de Formule 1 se déroulera le 24 mai. Est-ce à vos yeux l’événement-phare de la saison sportive en Principauté ?
C’est, de loin, notre événement numéro un, tant en impact économique qu’en termes d’image et de rayonnement de la Principauté. Malgré le travail de nos équipes, il y aura toujours des voix pour regretter que les dépassements soient très difficiles. Mais si vous interrogez les pilotes, je crois qu’ils vous diront qu’ils prennent toujours autant de plaisir à courir ici. C’est un grand défi de faire ne serait-ce qu’un seul tour correct sur ce circuit. Le danger et les pièges sont partout. Celui qui gagne à Monaco est reconnu par ses pairs comme un très bon pilote.
Le Tour de France cycliste 2009 s’élancera de la Principauté en juillet. C’est un événement aussi immense que rare, puisque le dernier passage de la Grande Boucle à Monaco remonte à 1964. En tant que membre du CIO, l’image brouillée du cyclisme professionnel ne vous a-t-elle pas gêné ?
Je pars du principe que le dopage n’épargne aucun sport, et que ce n’est pas en tirant une croix sur une discipline que l’on résoudra le problème. Au contraire, je pense qu’il faut accompagner le cyclisme. C’est un sport qui a fait de grands pas dans la lutte contre le dopage. Il est vrai que la situation demeure très difficile, il ne faut pas se voiler la face. Mais on est en train, et pas seulement en cyclisme, de faire des avancées considérables. Il faut aider les athlètes pour qu’ils n’aient plus envie de recourir à ces pratiques pour masquer leurs tricheries ou améliorer leurs performances. Et ce n’est qu’en essayant de créer un cadre favorable à une éclosion saine des sportifs que nous parviendrons un jour à bout du dopage, même si ce n’est pas demain la veille.
Le coureur le plus attendu sera bien sûr Lance Armstrong. Que vous inspire son retour dans le peloton ? Ressentez-vous de l’admiration ou du scepticisme à son égard ?
J’ai beaucoup d’admiration pour lui. Pour avoir fait ce qu’il a fait, il faut de toute façon être un athlète hors-normes, avec des capacités physiques et mentales tout à fait hors du commun. Pour moi, c’est un très grand champion. C’est vrai qu’il existe des soupçons sur ses performances antérieures. Mais s’il a envie de revenir et d’être à nouveau compétitif, il convient de saluer ce courage et cette détermination. S’il prouve, comme je le pense, qu’il court de façon propre, il sera un champion encore plus grand que celui que l’on connait actuellement.