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Rama Yade était l'invitée exceptionnelle de RMC.
Rama Yade, comment se passe votre intégration à ce poste de secrétaire d’Etat aux Sports ?
C’est une entrée en matière assez enthousiasmante. Je rencontre un monde du sport fascinant. Je côtoie des champions tous les jours ce qui n’est pas donné à tout le monde car j’avais l’habitude de les regarder sur grand écran. Pour moi c’est un grand honneur de représenter le monde du sport mais il y a aussi du travail. Il y a des grands enjeux qui attendent la France. Je pense à l’Euro 2016 qu’om faut qu’on puisse accueillir. Il faut que je construise des stades dans le pays, c’est une ambition tout particulière. Il y a aussi les Jeux de Londres 2012, il faut que nous prenions notre revanche sur le plan sportif après avoir perdu Paris 2012. Il y a aussi la Coupe du monde de foot l’an prochain. Mais il y en a plein d’autres. Il y a le basket avec le championnat d’Europe où j’espère que la France va briller. Je suis là pour les soutenir. Il faut construire de grandes salles dans le pays pour les sports collectifs, il n’y en a pas assez. Quand on voit ce magnifique stade de Berlin, c’est formidable. Il faut créer le même esprit en France. Nos athlètes le méritent.
A Berlin, les gens sont passionnés, ce sont de vrais connaisseurs...
Ca montre que le sport de haut niveau c’est aussi un phénomène de société. Nous sommes aussi dans un stade historique du plan du symbole où Jesse Owens a gagné devant Hitler. C’est l’Allemagne qui réalise un miracle extraordinaire ici à Berlin.
Quand vous avez été nommé, beaucoup d’observateurs se sont dit que vous n’aviez rien à voir avec le sport. Que répondez-vous ?
Nous sommes des soldats en mission nous les hommes politiques. On change de poste, c’est comme ça. J’ai observé parmi tous les gens que j’ai rencontré depuis que je suis à ce poste c’est qu’on me dit : « Nous sommes contents que vous ne veniez pas du monde sportif. » Quelqu’un qui n’a pas d’a priori sur aucune fédération c’est tant mieux. J’ai toujours pratiqué le sport dès le plus jeune âge. J’étais très sport collectif. J’ai commencé par le hand puis le volley et le basket. En tant que spectatrice j’ai commencé par le foot, et l’athlétisme auquel je suis fidèle depuis toujours. Je n’ignore rien des athlètes qui sont ici. Les athlètes représentent la France qui gagnent. Dans une période comme celle-ci c’est bien d’avoir ces gens-là.
Quelle image retenez-vous de ces Mondiaux ?
J’observe la magnifique organisation allemande et même la réalisation. Je note aussi la ferveur du public. Du côté des performances nous étions tous là pour les performances d’Usain Bolt. C’est extraordinaire pour un grand type comme ça. Ce qui m’a marqué c’est le concours du saut en hauteur féminin qui était assez incroyable de suspense. Il y a l’équipe de France, j’ai bondi après la médaille de bronze de Bouabdellah Tahri. On espère que c’est un encouragement pour les athlètes qui vont concourir aujourd’hui. Je pense aux perchistes comme Lavillenie ou Mesnil.
Le nouveau DTN, Ghani Yalouz, son objectif ce sont les JO de Londres. Il a plusieurs chantiers lancés et notamment la création du pôle Caraïbes.
J’ai déjà rencontré Bernard Amsallem le président de la Fédération et Ghani Yalouz plusieurs fois. On a eu l’occasion de parler des projets à venir pour l’athlétisme. On a beaucoup parlé de la taille du groupe français avec 75 athlètes. Yalouz arrive, ce n’est pas lui qui a fait ces choix-là. Il va monter des projets et le prochain ce sera la base en Martinique-Guadeloupe. C’est un formidable vivier pour l’athlétisme français. Il faut qu’on y pense toute l’année et que les Antillais ait les moyens de s’entraîner. Je vais m’y rendre pour inaugurer ces équipements là.
L’athlétisme féminin est en net recul. Les jeunes filles ont de plus en plus de mal à aller vers le sport.
C’est un vrai chantier et une vraie priorité. Le sport ce n’est pas que le haut-niveau. C’est aussi le sport pour tous. La solidarité entre sport pro et amateur est essentiel. C’est l’une de mes priorités. On va voir comment on peut faire pour attirer ces jeunes, pareil pour les handicaps, pareil pour les jeunes des quartiers. On peut travailler sur les équipements et les projets. Les athlètes qui gagnent sont des modèles pour ces gens.
Frédéric Thiriez demande un investissement de l’Etat à hauteur de 5% pour l’Euro 2016. Qu’en est-il ?
On n’a pas attendu Frédéric Thiriez. C’est une question prioritaire. L’Etat est d’accord maintenant il reste l’annonce. 5% c’est 100 ou 150 millions d’euros pour un budget d’1 milliard 300 millions. A la rentrée, ça va se faire. Je pousse pour que l’Etat tienne parole car le Président de la République s’était engagé pour que la France ait les capacités d’organiser l’Euro. Je pense qu’on n’est pas mal placé. On est favori par rapport à l’Italie. Il nous faut 9 stades puis 3 de réserves. Il faut des stades neufs à Lille, Lyon, Bordeaux mais il faut aussi des stades comme celui de Berlin. Des lieux de vie. Des stades où on ait envie de venir longtemps avant et de rester longtemps après. Des stades avec des équipements, de la restauration… L‘enjeu est capital et c’est mon objectif numéro un.
Pensez-vous que la France ait vocation à organiser régulièrement des grands événements mondiaux ?
La France a une réputation de bon organisateur. Ca nous a laissé de grands souvenirs. On a accumulé du retard dans la modernité des équipements. Il faut mettre ce qu’il faut pour y arriver. Bien sur qu’il faut être candidat. Si on veut rester une grande nation sportive nous devons être en capacité d’accueillir des grandes compétitions. Paris 2012 a traumatisé beaucoup de monde. Il faut mettre les sportifs en avant. On avait mis en avant les élus. Ceux sont les sportifs qui gagnent. On va mettre en place une stratégie avec un pôle d’ambassadeurs, certainement mené par Lilian Thuram. De notre côté, on fera de la diplomatie et ça je sais faire. On fera ce travail de lobbying. Nous devons être au rendez-vous.
Richard Gasquet reprend la raquette aujourd’hui. Etes-vous satisfaite qu’il puisse rejouer ?
C’est bien pour lui. C’est une affaire disciplinaire qui appartient aux institutions du tennis. On leur fait confiance. Tant mieux pour Gasquet et que le tennis retrouve ses champions.
En un mot, sous quoi voulez-vous placer votre passage au ministère des sports ?
Je viens d’arriver. Je voudrais faire de la France une grande nation sportive, en organisant de grands événements, promouvoir l’exemplarité dans le sport, et faire du sport pour tous.